Article tagué Bob Gainey
Ton univers impitoyable
3/10/06
« Le trio à Théo » est maintenant totalement démantelé. Certes, ce n’est certainement pas la seule explication à l’échange du numéro 71, mais je pense sérieusement que Mike Ribeiro était le dernier perturbateur dont la nouvelle équipe n’avait définitivement pas besoin.

Remise en contexte
L’an passé, les débuts du Canadien sont étincelants. L’équipe se permettant même de trôner au sommet de l’association de l’Est puis, ensuite, de chauffer les Sénateurs d’Ottawa. Ça se passe bien… sur la glace.
Dans la chambre des joueurs, un clan de fortes têtes prend de plus en plus d’espace. Il s’agit de Dagenais et de Ribeiro, de très grands chums, rejoins par Théodore, le gardien préféré de tous les partisans. Jusqu’au mois de novembre 2005, personne ne s’inquiétait de ce trio de joyeux fêtards.
Par contre, l’on pouvait déjà noter quelques divergences entre le trio à Théo et l’entraîneur-chef de l’époque, Claude Julien, qui commençaient sérieusement à peser sur l’ambiance dans l’équipe.
Claude Julien reprochait à Dagenais et Ribeiro leur manque d’éthique de travail. En effet, les deux attaquants du Canadiens se présentaient aux séances d’entraînement quand ça leur plaisaient, et avaient un niveau de jeu en dent de scie durant les matchs. Lorsque les victoires sont là, ça peut encore passer… lorsque les défaites s’enchaînent, c’est une toute autre histoire !
Le premier à écoper fût Pierre Dagenais. Après avoir passé quelques matchs dans les estrades, Dagenais fût cédé au club école du Canadien d’Hamilton. Insulte supplémentaire pour lui : aucun club ne le réclama au ballottage !
La messe était dite et Claude Julien devait secouer son équipe qui ne performait plus autant qu’en début de saison.
Mais voilà que celui sur lequel on mettait tant d’espoirs… s’effondra. José Théodore n’était plus que l’ombre de lui-même. Là aussi, personne ne s’inquiétait trop de ses performances en début de saison : la défense et l’attaque du Canadien était en béton armé… mais alors que les résultats de l’équipe montréalaise s’effondrèrent à partir de novembre, « Théo » n’était plus là pour sauver les apparences… et les matchs !
Celui qui était considéré comme l’un des meilleurs gardiens de la ligue nationale ne répondait plus à l’appel et ressemblait de plus en plus à une passoire de 5 millions de dollars !
Pourtant, Claude Julien lui laissera une chance et même plusieurs chances… mais rien n’y fait. José s’effondre, et même s’il maintien devant les journalistes que l’arrestation de son père, usurier notoire et de son beau-père qui est nulle autre que Guy Cloutier, ne l’affecte guère, on est en droit de penser que cela ne devait pas l’aider dans sa concentration.
Mais il n’y a pas que cela. Théo et Ribeiro étaient parfois plus présents dans les clubs branchés de Montréal, que lors des entraînements du Canadien. Ce sont des choses que l’on pardonne à des joueurs de ligues mineures (et encore !), mais pas à des joueurs payés plusieurs millions et qui ne font plus d’efforts dans ce pourquoi on les paie.
Julien n’en peut plus… Gainey ne semble pas mesurer l’étendue des dégâts et pense que Claude Julien reste trop gentil avec ses joueurs. Ce qui est peut-être vrai aussi…
Là, on a l’impression désagréable que Ribeiro veut faire payer à Julien la rétrogradation de son chum Dagenais. La situation devient intenable et Claude Julien est congédié en janvier 2006.
Bob Gainey, ancien joueur du Canadien, directeur-général du club, prend lui même les rênes de son équipe. Mais tout comme Julien, il arrive aux mêmes conclusions : il y a vraiment un problème avec Théodore… et il met toute son énergie à trouver une solution.
Gainey qui ne comprenait pas toujours que Julien préférait faire jouer Huet, alors que son joueur étoile payé 5 millions, servait juste à chauffer le banc pendant les matchs. Finalement, après quelques semaines, Gainey laissera à Cristobal le soin de poursuivre sur sa lancée, persuadé alors qu’il devenait le seul maigre espoir au Canadien de faire les séries.
Après le drame théâtral de sa fameuse blessure au talon, Théodore fût échangé à l’Avalanche du Colorado en retour de David Aebischer.
Même si Théodore était devenu la risée du public, ce fût un choc dans la métropole. Celui qui était sur presque tous les chandails, sur toutes les affiches, sur toutes les annonces du Canadien quittait l’équipe, tel un souverain déchu.
Restait le troisième du trio infernal, Mike Ribeiro.
Ribeiro a du talent. C’est un bon joueur qui a un sacré potentiel sur la glace. Le problème, c’est que pour arriver à briller sur la glace, il faut que ça lui tente… et ça n’a pas l’air de lui tenter souvent depuis quelques mois.
Ribeiro a eu la peau de Claude Julien, mais l’histoire est différente avec Gainey puis Carbonneau dans le décor. Le numéro 71 du Canadien ne peut plus vraiment jouer les fortes têtes alors que celui qui signe ses chèques est derrière le banc, remplacé cette année par Carbonneau, un ancien capitaine du Canadien, dernier vainqueur de la coupe Stanley… Carbo connaît très bien l’organisation du Canadien et n’est pas homme à se laisser faire par le « frais-chier » de service, alors qu’il traîne la patte sur la glace.
Il y avait des rumeurs de transaction cette été au sujet de Ribeiro, mais, tout comme lui, nous pensions que Carbo allait le laisser jouer en début de saison, histoire de lui donner une ultime chance… apparemment, il en fallait plus que ça et les jeunes recrues ont suffisamment rassurés Carbo et Gainey pour laisser partir le dernier du trio infernal.
De plus, je pense que Carbonneau ne voulait certainement pas voir des jeunes très prometteurs comme Chris Higgins, Tomas Plekanec et Guillaume Latendresse, se faire entraîner par Ribeiro sur la pente descendante. Alors on tire la flush et on repart sur de nouvelles bases.
Maintenant, il s’agira juste de réveiller nos Russes (Kovalev et Samsonov), qui se font parfois attendre au niveau des performances. Mais je ne m’inquiète pas trop… Kovalev a besoin de sentir une équipe forte à ses côtés pour lui donner des ailes et je pense que l’équipe de cette année est meilleure que celle de l’an passé.
Finalement, contrairement à ce que l’on pouvait croire, il y en a eu des changements chez le Canadien depuis la fin de la saison dernière ! Zednick, Bullis, Sundstrom, Ribeiro maintenant partis… Samsonov, Niinimaa, Johnson, Latendresse qui font leur entrée…
En attendant, Ribeiro va devoir se faire à la ville de Dallas et à son univers, comme vous le savez, impitoyable !
Samsonov et Johnson à Montréal
13/07/06
L’inactivité du Canadien de Montréal sur le marché des joueurs autonomes commençait à en inquiéter plus d’un. Malgré les rumeurs qui se faisaient rassurantes, malgré les bruits de couloirs voulant que Bob Gainey poursuivait son magasinage des joueurs autonomes, les partisans montréalais doutaient.
Il y a quelques jours, nous avons su que Brendan Shanahan avait décliné l’offre du Canadien, pourtant supérieure à celles des autres clubs. Il semblerait pourtant que Bob Gainey comptait beaucoup sur l’acquisition de ce joueur…
Malgré tout, en début de semaine, les nouvelles tombèrent… enfin !
Première annonce de taille, Richard Zednick est échangé à Washington en retour d’un choix de 3e ronde au repêchage de 2007. Les rumeurs étaient donc exactes. La mise en vente de la maison de « Zed » et son désir de changer d’air, étaient de bons indicateurs, malgré les démentis du directeur général du Canadien.

Deuxième annonce, Mike Johnson s’en vient à Montréal en retour d’un choix de 4e ronde.
Johnson, un ailier droit de 6 pieds 2 pouces, 201 livres, a disputé 560 matchs dans la LNH avec les Maple Leafs de Toronto, le Lightning de Tampa Bay et les Coyotes. Il totalise 116 buts et 223 passes pour un total de 339 points, 267 minutes de punitions et un différentiel plus/moins de +32. Il a connu sa meilleure saison en 2002-2003 avec les Coyotes, amassant 63 points, dont 23 buts, en 82 rencontres.
Troisième annonce… enfin ! Acquisition de Sergei Samsonov via le marché des joueurs autonomes. Ouf !
Au fil de sa carrière, Samsonov a disputé 533 matchs dans la LNH, totalisant 169 buts et 223 passes pour un total de 392 points, avec 109 minutes de punition et un différentiel de +41. Il a également pris part à 59 matchs éliminatoires, au cours desquels il a obtenu 13 buts et 26 passes pour un total de 39 points et 14 minutes de punition.
L’ailier gauche de 5’08 », 194 livres a connu sa meilleure saison en 2000-2001, avec les Bruins, amassant 29 buts et 46 passes pour un total de 75 points, trois sommets en carrière. La saison suivante, Samsonov a également inscrit 29 buts et totalisé 70 points. Samsonov a également connu deux saisons d’au moins 20 buts en 1997-1998 et en 1998-1999.

Il est fort à parier que Samsonov jouera dans le trio de Kovalev, qui se connaissent déjà bien et qui jouent ensemble dans l’équipe de la Russie. Je pense même que Kovalev a dû tenir un rôle non négligeable dans les négociations, en vue de l’arrivée de Samsonov ici.
Guy Carbonneau semble très satisfait : « On perd Richard Zednik qui a apporté beaucoup à cette équipe au cours des dernières années et qui a été un bon joueur dans cette ligue, mais on ajoute deux joueurs qui vont bien aimer jouer à Montréal et qui sont prêts à relever un nouveau défi. Avec l’addition de Samsonov et Johnson, on ajoute deux droitiers avec beaucoup de vitesse, ce qui nous manquait un peu à l’avant. Et on connaît tous le nouveau style de la Ligue nationale. ».
Bob ? … Tu n'aurais pas oublié quelque chose ?
4/07/06
Si, par le plus grands des hasards, un de mes lecteurs a le numéro de téléphone de Bob Gainey… Serait-il possible de lui dire que, depuis quatre jours maintenant, il y a quelques bons éléments à magasiner sur le marché des joueurs autonomes ?

Car Bob, je l’aime bien. Sous ses allures de nounours taciturne, on sait qu’il a un cœur, puis surtout, un cerveau… Alors Bob ? Qu’attends-tu pour trouver des remplaçants à certains de tes joueurs sur le départ ?
Bob ? Bob ? Aurais-tu oublié ton petit carnet à Vancouver ? On peut te donner des idées tsé !
Saison terminée pour le Canadien de Montréal
3/05/06
Il y avait encore un mince espoir…
Même au pied du mur, nous avions tous cru aux chances du Canadien de revenir dans ces séries, mais hier soir, après un tir hasardeux décoché depuis la ligne bleue, nos glorieux se sont effondrés, foudroyés par la Caroline en prolongation.
Il restait un espoir… Car malgré les trois défaites de suite, paradoxalement, le Canadien avait très bien joué. Intenses, combatifs, les joueurs tricolores étaient même supérieurs aux Hurricanes à cinq contre cinq. De très bonnes occasions de marquer, de bonnes phases de jeu, mais la rondelle finissait toujours par être déviée en défense ou récupérée par Cam Ward, le gardien de la Caroline.
D’ailleurs, malgré leur faiblesse en égalité numérique, les joueurs de la Caroline ont toujours su rester dans le match grâce à leur gardien numéro 2. Gerber ayant mal paru lors des deux premiers matchs, Ward a pris sa place pour finalement s’imposer. La Caroline doit donc ses victoires à la très bonne tenue de Cam Ward, mais aussi à leurs unités spéciales qui, en supériorité numérique ont tenu la dragée haute aux joueurs du Canadien.

Du côté de Cristobal Huet, il n’a pas grand chose à se reprocher. En six matchs lors des séries éliminatoires, il a tenu une moyenne de 2.34 buts alloués par match (2.20 en saison régulière) et une moyenne d’efficacité de .929 (.929 également en saison régulière). La Caroline a d’ailleurs marqué 15 buts alors que le Canadien en a marqué 17 (dont 12 lors des deux premiers matchs alors que Gerber était devant les filets de la Caroline).
Cela reste frustrant, car en mettant de côté Cam Ward et, accessoirement, les unités spéciales, la Caroline ne méritait pas de gagner. D’ailleurs, il faudra que les Hurricanes procèdent à de sérieux ajustements s’ils ne veulent pas se faire éliminés par les Devils du New-Jersey qui n’ont pas connu de défaite en quinze matchs !
La saison est donc terminée pour le Canadien, mais les prochaines semaines vont être intéressantes… Bob Gainey va laisser le poste d’entraîneur-chef à Guy Carbonneau, pour reprendre à temps plein sa fonction de directeur-général. Plusieurs contrats viennent également à expiration, dont celui de Cristobal Huet. Et même s’il a exprimé son désir de rester à Montréal, il est clair que le téléphone de son agent va chauffer tant d’autres équipes vont faire des offres.
Qu’adviendra t-il de Zednick, Bullis et Sundstrum alors que le Canadien est toujours à la recherche d’un joueur de centre robuste ? Et même David Aebischer… si un contrat est signé avec Huet, le gardien Suisse pourrait être une monnaie d’échange pour le Canadien. Tout dépendra des offres…
Point d’interrogation également pour Saku Koïvu qui se remet doucement de sa blessure, mais dont on ne peut pas encore dire s’il pourra retrouver toutes ses capacités visuelles.
Et Alex Kovalev ? Bien évidemment c’est un joueur extraordinaire ! Il y a du talent au bout de son bâton, mais il n’a pas de constance. Un jour il est prodigieux, le lendemain c’est à peine si on le remarque sur la glace ! 23 buts en saison régulière, ce n’est pas une performance qui est à la hauteur de son talent.
Côtés positifs, les jeunes recrues du Canadien ont été époustouflants ! En particulier Chris Higgins et Tomas Plekanec qui ont connu une fin de saison incroyable.
Même si le Canadien est éliminé, le club se trouve dans une meilleure position qu’en début de saison et peut continuer sa transformation. De plus, avec Guy Carbonneau aux commandes, on peut s’attendre à ce qu’il apporte une certaine « âme » à l’équipe et l’on a déjà pu sentir les changements significatifs qu’il a su intégrer dans le système de jeu du tricolore.
Tout n’est donc pas négatif et il faut maintenant s’appuyer sur les points forts du Canadien pour progresser la saison prochaine.
Huet, le choix de Gainey !
21/04/06
Samedi, les séries éliminatoires de la coupe Stanley vont débuter pour le Canadien de Montréal (les séries débutent ce vendredi pour certaines équipes). Bob Gainey, l’entraîneur-chef de l’équipe montréalaise, a mis fin au suspense en désignant le gardien Cristobal Huet comme cerbère pour les séries.
Il est bien évident que Cristobal Huet mérite amplement son statut de gardien partant contre la Caroline. Sa saison, qui fût bien loin d’être facile suite à sa blessure, mais aussi aux grands doutes quand à l’avenir de José Théodore chez le Canadien, a pris un tournant favorable à partir du mois de février.
À partir de là, nous avons tous vraiment découvert Cristobal Huet… Un gardien d’un calme désarmant, patient, qui a une capacité remarquable a bien suivre le jeu et qui sait exactement où il doit se placer pour défier les tirs adverses.
Cristobal a su redonner confiance aux Canadiens de Montréal. Ses performances ont été déterminantes dans la stratégie de Bob Gainey et de Guy Carbonneau qui ont alors pu donner l’occasion à certains de leurs défenseurs de se porter en attaque. Sans un bon gardien devant les filets, cette mission aurait été bien périlleuse !
Comme Huet aime le dire, il s’agit d’un succès collectif, car sans marquer de buts, une équipe ne peut pas gagner, même avec le meilleur gardien imaginable. Cependant, Critobal Huet a pu donner cette partie de confiance qui manquait à l’équipe pour performer.
Samedi, le Canadien va affronter la Caroline, la deuxième meilleure équipe dans l’Est. Cela ne sera pas facile, mais les dernières performances du Canadien montrent que tout est possible !
Mes prédictions :
Conférence de l’Est
Ottawa / Tampa-Bay :: (Ottawa en 5)
Caroline / Montréal :: (Montréal en 6)
New-Jersey / New-York :: (New-Jersey en 6)
Buffalo / Philadelphie :: (Philadelphie en 7)
Conférence de l’Ouest
Detroit / Edmonton :: (Detroit en 5)
Dallas / Colorado :: (Dallas en 5)
Calgary / Anaheim :: (Calgary en 6)
Nashville / San-Jose :: (Nashville en 7)
Cristobal Huet a la cote !
18/02/06
Le gardien de but d’origine française du Canadien de Montréal, a vraiment la cote en ce moment… et pas seulement au Centre Bell ! Depuis quelques jours, je suis très impressionné de voir le nombre de visiteurs qui arrivent sur mon site, juste sur après avoir effectué une requête dans Google, afin d’avoir des informations sur le numéro 39 du Canadien de Montréal !
Vous avez raison, Cristobal Huet mérite votre attention. Et je vais être très honnête avec vous, j’étais bien loin d’imaginer qu’il puisse devenir aussi étincelant, aussi habille et calme face à la rondelle de ses adversaires.
Bien que d’origine française moi aussi, je faisais partie de ceux qui ne comprenais vraiment pas que l’on est pu échanger Mathieu Garon alors qu’il avait l’étoffe d’un très bon gardien de but, contre un « Cristobal Huet » un peu sorti de nulle part, originaire d’un pays ayant un bien piètre niveau de hockey et n’évoluant pas depuis très longtemps en Amérique-du-Nord.
Quelle mouche avait-donc piqué le Canadien de Montréal en l’engageant ?
Comble de malchance, Huet se blesse en jouant en Europe durant le lock-out, ce qui l’empêche de revêtir la Sainte-Flanelle au moment du retour au jeu en octobre dernier.
Après quelques mois de réadaptation, après avoir brillamment suivit le programme de reconditionnement du Canadien, Cristobal Huet est enfin apte à jouer…
Dans un premier temps, Cristobal Huet fût peu utilisé. Claude Julien, l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal, semblait satisfait des performances de son gardien numéro 1, José Théodore, et ne souhaitait peut-être pas trop exposer son deuxième gardien qui sortait à peine d’une blessure.
Sauf que les performances de José Théodore commençaient à devenir très moyennes. L’équipe montréalaise avait très bien commencé la saison, en se placant même en tête de l’association de l’est durant quelques jours, avant de s’effondrer au moment des blessures de Kovalev, puis de Koïvu en novembre.
Piètre performances à l’attaque, maladresses en défense… et un José Théodore qui n’aide même plus à garder l’équipe dans le match comme il savait si bien le faire en 2002 ! À partir de la mi-novembre, rien ne fonctionnait pour le Canadien : défaite 5-1 contre Washington, l’une des pires équipes de la ligue, blanchissage face aux Sénateurs 4-0 le 29 novembre… et José Théodore qui fait des erreurs, qui n’arrête pas des rondelles « faciles ». Erreurs de placement, manque de rapidité… il est clair que quelque chose n’allait pas.

Même le meilleur des gardiens fait des erreurs. Martin Brodeur, pour ne citer que lui, peut connaître une séquence très moyenne. La fatigue, une blessure gênante, ou un simple manque de concentration peuvent nuire aux performances. Mais dans le cas de Théodore, l’on ne parle pas d’un mauvais but de temps en temps, d’un mauvais placement parfois… mais bien d’une accumulation de fautes qu’un gardien de son calibre ne peut se permettre.
Claude Julien s’en rend compte et décide de faire partir son numéro deux à certains matchs : Cristobal Huet. Là, on découvre un nouveau style, une nouvelle approche… peut-être un peu académique, mais efficace.
Je découvre un gardien que je sous-estimais à tort. Cristobal Huet fait de bons arrêts, rejette la rondelle dans les coins et donne très peu de retour dans la zone privilégiée, il défit même les tirs en s’avançant afin de ne plus offrir d’espace de tir. De plus, Huet reste calme, on sent de l’assurance et du sang-froid… tout ce qu’il faut à un bon gardien… Tout ce que Théodore ne semblait plus avoir.
Mais l’attaque n’est pas au rendez-vous, malgré le retour de Kovalev et de Koïvu… et lorsque Théodore joue, c’est une catastrophe ! Le numéro 60 accorde trop de buts, trop facilement.
Le 15 janvier, coup de tonnerre ! Bob Gainey se sépare de Claude Julien et prend l’intérim au poste d’entraîneur-chef avec l’aide de Guy Carbonneau (Voir la nouvelle).
Là, Bob Gainey redonne sa chance à Théodore. À ce moment, j’ai comme l’impression que Bob Gainey a raté quelques épisodes ces derniers jours. Mais il faut aussi comprendre qu’il ne peut pas laisser son joueur numéro un, celui qui a le contrat le plus élevé, juste chauffer le banc en attendant la fin de la saison.
Malgré deux belles victoires, le Canadien ne sort pas de sa léthargie. Défaites 6-2, 7-3, 3-0, 8-2… Théodore accorde cinq buts sur à peine dix lancés ! C’est une catastrophe !
Quelques matchs avant la pause olympique, il semble que Gainey arrive aux mêmes conclusions que Claude Julien : il se passe quelque chose avec Théo et cela ne s’arrange pas du tout, au contraire !
L’équipe n’a plus confiance et c’est normal ! Vous êtes un défenseur, sur la ligne bleue du camp adverse, puis là, sans même le vouloir, vous vous dites qu’en cas de revirement, le gardien ne sera peut-être pas apte à arrêter la rondelle et qu’il va donc falloir très vite se replier.
Avec Gainey qui fait jouer Huet les six derniers matchs avant la pause, on sent que l’équipe a de nouveau confiance. En cas de revirement, il est maintenant possible de compter sur le gardien pour arrêter les rondelles, on peut donc plus facilement aller en zone offensive pour se donner des occasions de marquer. Et cela fonctionne !
Trois victoires en cinq matchs… et encore mieux ! Les deux défaites ont eu lieues en prolongation et en fusillade ! Donc, huit points de récoltés sur dix possibles ! Du coup, le Canadien remonte en huitième place, et termine cette partie de saison sur une bonne séquence.
Mais que faire de Théodore ? Huet a t-il les capacités de devenir un numéro un ?
Au début janvier, je vous aurai dit que Huet ferait un très bon numéro deux, mais qu’il fallait rester prudent et qu’il n’avait rien de spectaculaire au point de devenir un premier gardien, surtout à Montréal ! Mais aujourd’hui, il est clair que cela n’est plus le cas.
Lors de ses derniers matchs, Huet a prouvé qu’il faisait de bons arrêts, mais il a également démontré qu’il était maintenant capable de faire des arrêts spectaculaires que beaucoup de gardiens n’auraient pas pu faire. Certes, il y a parfois de la chance, mais il y a eu toute une série d’arrêts spectaculaires ces derniers matchs qui ne sont pas tous à mettre sur le compte du hasard.

Je crois donc que l’on pourrait faire l’essai avec Huet. Que risque t-on ? Est-ce que le 28 février, lors du retour au jeu, José Théodore sera de nouveau performant ? A t-on seulement les moyens de se permettre de nouveau revers alors que nous luttons au coude-à-coude pour une place en série ? … Chaque point est essentiel et Cristobal Huet nous les donne ces points !
Pour finir, je citerai juste Bob Gainey qui a dit, je le pense, quelque chose de très révélateur : « Il ne cesse de m’étonner. Il joue bien depuis deux ou trois semaines. Il était prévu qu’il serait notre gardien numéro deux. Mais il nous lance le message qu’il veut être notre gardien numéro un. Je m’attends toujours à une contre-performance de sa part un de ces soirs. Sauf qu’il est toujours solide. »
C’est certain que Huet ne pourra pas briller à tous les matchs… mais globalement, il reste supérieur à Théodore. Alors ?
Statistiques de Cristobal Huet au 11 février 2006 (pause olympique) :
| Buts contre | Lancés | % arr. | Moyenne |
Pour en savoir plus :
Le site des Canadiens de Montréal
La rubrique hockey du Réseau des sports
Note : je travaille en ce moment sur une rubrique spéciale destinée a expliquer les bases du hockey pour les néophytes… plus de détails à venir
Coup de tonnerre chez le Canadien !
16/01/06
Samedi 14 janvier à 07h15, le directeur général du Canadien de Montréal, Bob Gainey, contacte l’entraîneur-chef de son équipe pour lui annoncer son congédiement. Un peu plus de cinq heures plus tard, les médias sont convoqués au Centre Bell pour annoncer officiellement la nouvelle.
Bob Gainey sera l’entraîneur-chef par intérim jusqu’à la fin de la saison. Il sera assisté dans sa lourde tâche par Guy Carbonneau, le capitaine de la dernière équipe du Canadien à avoir remporté la coupe Stanley, c’était en 1993.
Une fois qu’il aura bien pris ses marques, Guy Carbonneau prendra les choses en main dès le début de la saison prochaine.
Depuis quelques semaines, on s’attendait à de grosses annonces. Des rumeurs d’échanges circulaient beaucoup, que cela soit dans les médias, ou parmi les partisans. José Théodore et Mike Ribeiro étaient les noms qui revenaient le plus souvent.
Nous savions tous qu’il y allait avoir du changement… c’était très clair. Par contre, personne ne s’attendait au départ de Claude Julien qui était apprécié de tous.
En écoutant la conférence de presse de Bob Gainey, nous avons tout de même appris qu’il subsistait des divergences entre les deux hommes. « On ne s’entendait pas sur tout, en effet, sans dire toutefois que nous vivions des conflits », affirma le directeur-général.
Mais une question reste : est-ce que Claude Julien n’a pas payé pour l’échec d’une transaction ?
En effet, il est certain que le Canadien cherchait à échanger certains joueurs de son équipe, pour donner un bon coup de fouet. Peut-être que Bob Gainey n’a alors pas obtenu ce qu’il cherchait, au prix qu’il voulait. La solution de rechange ne pouvait donc être que le congédiement de Claude Julien.
Bob Gainey a également pointer du doigt plusieurs joueurs. Théodore, bien sûr, qui n’a plus le niveau qu’on lui connaissait il y a deux ans, Markov, qui pourrait produire plus… et Souray, qui, même s’il est sorti de sa léthargie, montre des signes de faiblesses en défense.
L’électrochoc a fonctionné puisque le Canadien a remporté une belle victoire le soir même avec un score de 6 à 2 face à San-José. Le Canadien n’a jamais marqué autant de but cette saison !
Mais qu’en sera t-il lundi, alors que les Stars de Dallas nous rendent visite ? Les Stars, surprenants cette saison, sont parmi les meilleurs au sein de la conférence de l’ouest.
Il y a 10 ans, Patrick Roy quittait le CH…
2/12/05
Pour ceux qui ne connaissent pas Patrick Roy, ce texte n’aura pas grand intérêt… et même si cette nouvelle sportive ne changera pas le monde, elle provoqua à l’époque un certain émoi dans l’ensemble du Québec.
Patrick Roy est, sans grand doute, le plus grand gardien de but de toute l’histoire du hockey moderne. Il est le gardien avec le plus grand nombre de victoires (551), avec le plus de parties jouées (1029), avec le plus de victoires en séries éliminatoires (151)… il a également été le plus jeune joueur à recevoir le trophée Conn Smythe (il avait 20 ans).
C’est en 1984, que le numéro 33 réalise son rêve, en étant repêché par le Canadien de Montréal, l’équipe la plus prestigieuse de la LNH.
S’en suit une carrière incomparable. Patrick Roy étonne tout le monde par son intensité, son talent et permettra au Canadien de rester parmi les grandes équipes de la ligue nationale, en gagnant deux coupes Stanley en 1986 et en 1993.
Même si l’équipe de 1993 n’a plus grand chose à voir avec celles de la glorieuse période du CH, Patrick Roy permet à l’équipe de remporter des victoires importantes… surtout en séries éliminatoires. À l’époque, Jacques Demers est l’entraîneur-chef du CH, laissant le talent et le caractère bouillonnant de Patrick Roy s’exprimer à fond.
Mais en octobre 1995, le dernier entraîneur-chef du Canadien à remporter la Coupe Stanley, Jacques Demers, est congédié… Remplacé par Mario Tremblay, qui n’a jamais entraîné une seule équipe de toute sa vie, mais qui avait le mérite d’avoir le « CH » sur le cœur.
Avec Mario Tremblay, tout change… L’homme veut de la discipline et montre un caractère au moins aussi bouillonnant que celui de Patrick Roy qui, à l’époque, est le vrai leader dans la chambre des joueurs. Le duo fonctionne bien dans un premier temps, mais tout cela finit par faire des étincelles.
Coup de théâtre le 2 décembre 1995. Lors d’un match contre les Red-Wings de Détroit, le Canadien se fait lessiver… rien ne fonctionne, même pas Patrick Roy !
Mais l’on sent que l’action ne se passe plus sur la glace… Patrick Roy lance des regards vers le banc des joueurs et vers Mario Tremblay en deuxième période. Il est clair que Patrick Roy demande d’être remplacé… Mario Tremblay le laisse se faire humilier en espérant lui donner une bonne leçon.

Patrick Roy ne le prend pas et lorsqu’il est enfin remplacé, il y aura un face-à-face devenu célèbre entre le gardien étoile et son entraîneur. Quelques enjambées vers le directeur-gérant du Canadien, on suppose que c’est à ce moment-là que Patrick Roy a annoncé qu’il souhaitait être échangé dans une autre équipe.
Quatre jours plus tard, le Canadien de Montréal annonçait le départ de Patrick Roy pour le club des Avalanches du Colorado (l’ancienne équipe des Nordiques de Québec). Avec les Avalanches, Patrick Roy remportera deux autres coupes Stanley en 1996 et en 2001. Les deux seules coupes Stanley de l’équipe.
Avec l’échange de Patrick Roy, ce fût le début des années noires du Canadien… aucune coupe Stanley depuis 1993 (le CH détient le record absolu de victoires), certaines années le Canadien ne participera même pas aux séries et fût même la dernière équipe dans l’Est à deux reprises ! Bref, rien de va pour le Canadien dans la fin des années 90.
Depuis l’arrivée d’André Savard, puis de Bob Gainey… l’équipe se reconstruit. Le recrutement se fait plus efficacement et le Canadien redevient, petit à petit, une équipe de premier plan.
Patrick Roy a laissé une marque dans l’histoire du CH, pas seulement lors de la journée du 2 décembre 1995, mais par son talent et par toutes ses victoires. Il serait normal que son chandail soit enfin retiré par l’organisation de l’équipe montréalaise.
Patrick Roy est l’entraîneur, propriétaire et directeur-gérant des Remparts de Québec depuis 2005.
Fin du lock-out dans la LNH
15/07/05
C’est au bout du 301e jour de lock-out, que l’association des joueurs et la LNH, sont finalement arrivés à une entente, marquant ainsi la fin du plus long conflit de travail dans une ligue sportive en Amérique du Nord.
C’est le 13 juillet en début d’après-midi que la nouvelle tomba : une entente était maintenant officialisée entre les représentants des joueurs et la ligue nationale de hockey (LNH).
Même si l’on ignore encore le contenu de l’entente, il est assez clair que les propriétaires d’équipes sortent convenablement bien leur épingle du jeu. Le principe d’un plafond salarial est acquis, pire encore, il s’établit à 39 millions de dollars US. Le salaire des joueurs va baisser de 24%, et la masse salariale ne devra pas dépasser 54% des revenus de chaque équipe. Les propriétaires ont donc obtenu ce qu’ils étaient venus chercher.
Mais cet accord ne prévoit pas seulement des changements structurels. Ainsi, plusieurs aspects du règlement seront modifiés. On pense surtout à la taille des protections des gardiens de buts et quelques innovations destinées à apporter un peu plus de spectacle sur la patinoire.
Pour le Canadien de Montréal, il est encore trop tôt pour savoir quels seront les impacts. Déjà au niveau des joueurs, nous risquerons de constater plusieurs changements car beaucoup d’entre-eux n’ont plus de contrat avec l’équipe montréalaise. Le patron du Canadien, Bob Gainey, a suffisamment de talent et d’expérience pour bien magasiner ses joueurs.
Les prochaines semaines s’annoncent excitantes… en attendant le début de saison !