La semaine a été difficile pour l’organisation du Canadien, et ce, à bien des niveaux. Je ne reviendrais pas sur l’affaire des "frères K.", j’en ai suffisamment parlé , j’évoquerai plutôt les deux très bons coups qu’à réalisé Bob Gainey cette semaine, contre vents et marées.

Remise en cause et contestations

En écoutant les commentateurs et les tribunes téléphoniques, en lisant les blogues spécialisés et les analystes de hockey, beaucoup pointaient du doigt l’attitude et les décisions du directeur général du Canadien de Montréal.

Serge Savard aussi bien que Guy Lafleur, fustigeaient la façon avec laquelle Bob Gainey avait géré les problèmes du numéro 27 sur la glace. "Manque de respect", pouvait-on lire ou entendre la plupart du temps.

Puis, alors que Gainey avait été élu à la fin de la précédente saison, GM de l’année par ses pairs , le discours des derniers jours semblait totalement aux antipodes des louanges que l’on faisait à son endroit, il y a encore peu.

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Dans le désordre, les mauvais repêchages, le départ de Mark Streit, de Cristobal Huet, de Sheldon Souray… Il est vrai que lorsque les résultats de l’équipe ne sont pas bons, il est toujours facile de jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce n’est pas la première fois que cela arrive, ce ne sera pas la dernière !

Sauf que, au moment des repêchages, personne n’a crié au scandale lorsque le Canadien n’a pas été chercher Zach Parisé (par exemple). Au vu de la saison exceptionnelle de l’an passé, je n’ai pas entendu grand chose concernant le départ de Souray. Les commentateurs parlaient aussi du choix logique de se séparer de Cristobal Huet.

Plus fort encore, on n’entendait que des propos très élogieux envers Bob Gainey, lors du début de la présente saison, le meilleur début de saison en 20 ans, dois-je vous le rappeler ?

Bien évidemment, je ne suis pas en train de dire que Gainey n’a pas fait d’erreur. Au contraire ! Je reste convaincu que le Canadien n’aurait pas dû laisser partir Mark Streit, il est clair que même si notre avantage numérique avait marqué le pas à la fin de la saison dernière, il aurait, sans aucun doute, était beaucoup plus efficace qu’il y a encore peu.

De la même façon, avoir un gardien d’expérience (Huet ou un autre), aurait permis de seconder efficacement Carey Price, autant dans son jeu, qu’en ayant une certaine influence hors-glace. Et quand on voit les performances de Cristobal Huet avec les Blackhawks…

Premier bon coup

Le premier bon coup de Gainey, cela aura été de corriger les effets du départ de Streit. Que cela soit de sa faute ou pas, l’avantage numérique du Canadien, qui avait été dévastateur pour les adversaires, était subitement devenu presque totalement inefficace. D’une saison à l’autre, nous étions partis de la première place à la 26e à un certain moment de la présente saison !

Nous pouvions nous attendre à moins d’efficacité, mais certainement pas à une descente de la sorte.

Le choix de Gainey fût Mathieu Schneider. Joueur de 39 ans, ancien du Canadien de Montréal, qui, semble t-il, voulait revenir au sein de l’organisation. Dès son premier match, sa présence se fit sentir. Évidemment, il aurait été grotesque de tirer des conclusions après seulement un match.

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Par contre, depuis son retour, on n’a pas le choix de constater un changement radical en supériorité numérique. En seulement trois matches, Mathieu Schneider a marqué deux buts et à été crédité d’une passe, c’est-à-dire un point par match, et tout ça, imaginez-vous donc, en supériorité numérique !

Depuis l’arrivée de Mathieu Schneider :

21 février contre Ottawa : 3 buts en 4 supériorités numériques.
19 février contre Pittsburgh : 1 but en 4 supériorités.
18 février contre Washington : 3 buts en 4 supériorités.

Soit un joli total de 7 buts en 12 avantages numériques !

Juste pour faire une petite comparaison, lors des dix matches précédents l’arrivée du numéro 24, il y a eu pas moins de 37 avantages numériques pour le Canadien pour, tenez-vous bien, un gros total de 5 buts !

C’est vrai que Mathieu Schneider n’est pas un grand défenseur, il porte tout de même un peu le poids des années, mais tout comme Streit l’an passé, Mathieu Schneider est là pour relancer l’attaque à cinq, mais aussi, éventuellement, de faire profiter les autres joueurs de son expérience.

Une chose est certaine, il s’est très vite ré-adapté à la folie montréalaise du hockey !

Deuxième bon coup

Alexei Kovaliev est une énigme pour bien du monde. Que cela soit ses anciens entraîneurs, ou pour les analystes du monde du hockey, Kovy a connu une carrière en dents de scie.

Considéré comme un "trouble-maker" , ou encore "uncoachable" , Kovalev n’en reste pas moins un joueur talentueux. Son talent est reconnu assez unanimement, ce qui provoque ce mélange "amour-haine", entre ceux qui l’appellent "l’artiste" et d’autres qui voient en lui une "Prima-donna", sans aucun esprit d’équipe.

Alex Kovalev a connu de très bons moments avec le Canadien. La saison dernière, malgré son âge (35 ans), il a connu sa deuxième meilleure saison en carrière, ce qui n’est pas peu dire, pour un joueur qui a évolué en compagnie de Jaromir Jagr et Mario Lemieux !

Mais la carrière de Kovalev est à l’image des saisons qu’il connaît aussi sein du tricolore : des hauts et des bas, ajouté à cela l’exaspération de ses entraîneurs.

Rappelons tout de même que c’est en partie à cause de Kovalev que l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, a été congédié il y a quelques années. Tout le monde se souviens de la fameuse réplique que le numéro 27 lui avait fait à l’époque… À la question de Julien : "Qu’est-ce que l’on pourrait faire pour secouer l’équipe ?", Kovy lui aurait répondu "Ce ne sont pas de mes affaires, tu es payé pour ça !". Bon esprit d’équipe !

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Après une saison 2006-2007 assez moyenne, Bob Gainey avait rencontré Kovalev pour le recadrer. La discussion avait été fructueuse et, de l’aveu même du joueur, il allait commencer la saison 2007-2008 avec un nouvel état d’esprit. Il avait retrouvé la "flamme" de ses débuts. Motivé, il avait ainsi connu une saison extraordinaire !

C’est vrai qu’il aime Montréal. Il fait partie des joueurs européens qui quittent en dernier le Québec à la fin de la saison, il s’occupe d’une fondation pour enfants malades, il avait participé à l’inauguration du stade Saputo l’été dernier… bref, il est très impliqué dans la communauté, communauté qui, je pense, le lui rend bien.

Mais voilà, il aime aussi Montréal parce que c’est LA ville du hockey par excellence et qu’il n’y aura aucun autre endroit sur Terre, où il pourra être autant adulé par les fans. Guy Carbonneau l’a dit lors du match des Étoiles, Kovalev est un "showman", son compatriote Markov, n’a pas été en reste… il aime se faire apprécier.

Mais voilà, cette saison, rien ne semble aller. Certes, il y a les blessures et l’on ne peut pas entièrement blâmer Kovy pour ses insuccès, mais il y a l’attitude sur la glace, l’effort qui n’est pas toujours là… Gainey l’a bien dit avant-hier : Kovalev avait tendance à faire passer le talent avant le travail, alors qu’il faut commencer par le travail et finir par le talent.

Faire de la broderie sur la glace, essayer de déjouer trois défenseurs, faire quinze tous autour du filet… tout ça pour perdre la rondelle, c’est pas cela que l’on attend de Kovalev.

Les choses misent au point, Alex Kovalev a connu son meilleur match de la présente saison ! Trois points, dont un but, une implication et un effort incontestable, il a même été jusqu’à plonger devant un tir de l’adversaire !

Alors à tous ceux qui réclamaient la tête de Gainey cette semaine, il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que cet "électrochoc", bien que inhabituel, a permis de relancer Kovalev. Pour combien de temps, difficile à dire, mais au moins, la preuve est faite qu’avec du travail et de l’implication, il contribue aux succès de l’équipe.

C’est vrai que je m’attendais à ce qu’on l’échange, et je pensais vraiment que Gainey avait jeté l’éponge dans son cas. Mais admettons tout de même que Kovalev est assez difficile à suivre. On sait de quoi il est capable, il nous en a fait la démonstration la saison dernière et… hier contre Ottawa ! Mais à 4.5 millions par année, est-ce normal de devoir régulièrement faire intervenir le GM pour le secouer ? Est-ce l’attitude d’un professionnel ?

Il pourrait très bien terminer sa carrière ici et passer pour un Dieu vivant, même si l’on sait tous que ce n’est pas un grand joueur comme Mario "Le Magnifique". Mais pourquoi semble t-il gâcher ses chances avec un tel comportement ?